De l’importance de détecter au plus tôt les problèmes de vue de vos enfants

Je voulais partager avec vous mon coup de gueule de maman. Si vous avez suivi mes stories Instagram, vous avez appris que ma petite Tessa, qui aura 3 ans au mois de décembre, porte depuis peu des lunettes. Elle souffre d’une très grosse hypermétropie, que notre ophtalmo habituelle n’a pas su détecter. Nous sommes d’ailleurs très en colère ! Et du coup, je souhaitais vous sensibiliser au dépistage ophtalmologique précoce.

Je vous parle ici en toute connaissance de cause car mes 2 filles souffrent toutes les deux de graves problèmes de vue. Malheureusement, le diagnostic est tombé tardivement pour chacune d’elles. La faute à des professionnels de santé incompétents et à une méconnaissance du sujet, comme bien d’autres jeunes parents. C’est pourquoi je souhaite vous sensibiliser à l’importance d’un dépistage ophtalmologique précoce. Car les yeux sont un bien précieux pour nos enfants.

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Nous avons découvert que Louisa souffrait d’amblyopie à la suite d’une simple visite médicale scolaire lorsqu’elle était en moyenne section de maternelle. L’amblyopie est une maladie congénitale plus connue sous le nom de syndrome de l’œil paresseux. C’est un défaut de développement de la vision qui touche habituellement un œil. Comme un œil voit moins bien que l’autre, le cerveau a tendance à donner la préférence aux images en provenance de l’autre œil. Conséquence : l’œil touché travaille de moins en moins et en l’absence de prise en charge précoce et adaptée, il va finir par ne plus travailler du tout ! De plus, comme les deux yeux sont nécessaires pour avoir une vision du relief, la perte de la vision d’un œil se traduit inexorablement par la perte des perspectives et de la notion de profondeur. Autrement dit, une personne amblyope ne voit pas la 3D. Tout est plat pour elle ! Vous imaginez les conséquences dans la scolarité de vos enfants si cette maladie n’est pas détectée à temps. D’ailleurs, les chances de sauver l’œil amblyope dépendent directement de la précocité du dépistage. Avant 2 ans, on a toutes les chances de récupérer l’œil amblyope. Entre 2 et 6 ans, les chances diminuent. Au-delà de 6 ans, elles sont quasi nulles. On n’est passé pas très loin de la catastrophe puisque Louisa avait 4 ans et demi lorsque nous avons eu connaissance de sa maladie ! Un an plus tard, çà aurait pu être trop tard. Je remercie tous les jours le médecin scolaire qui nous a alerté.

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Nous avions remarqué que Louisa louchait un peu quand elle était bébé mais, à l’époque, nous ne nous étions pas trop soucié de ce détail car il n’était pas persistant. Nous en avions bien sûr parlé à sa pédiatre qui ne nous a pas alerté plus que cela. Dommage !

Dès que le médecin scolaire nous a appelé, nous avons tout de suite pris rendez-vous chez une ophtalmologiste qui a confirmé le diagnostic de l’amblyopie. Louisa devait porter des lunettes avec une forte correction. Elle a dû également porter pendant quelques mois des patchs pour cacher l’œil sain pour obliger l’œil paresseux à travailler. Je peux vous dire que ce traitement n’a pas été le plus évidemment pour ma pauvre petite puce, sans compter le regard des autres, surtout ceux de ses camarades de classe.

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J’ai d’ailleurs parlé de cette 1ère expérience malheureuse il y a 2 ans sur le plateau de La Maison des Maternelles dont voici les images.

Elle a également suivi régulièrement des séances d’orthoptie. Pour ceux qui ne le saurait pas, l’orthoptiste est une sorte de « kinésithérapeute des yeux » qui propose des séances d’exercices oculaires indispensables pour faire travailler les deux yeux ensemble et retrouver si possible une bonne vision des reliefs.

En tout cas, sachez que ce qui peut vous mettre la puce à l’oreille c’est lorsque vous observez même un léger strabisme ou lorsque votre enfant plisse les yeux ou ferme souvent un œil pour « mieux » voir. Dans ces cas-là, n’hésitez pas à aller consulter un ophtalmologiste. Pas de panique si votre enfant n’a que quelques mois et qu’il louche. Jusqu’à 3-4 mois, un nourrisson peut loucher sans que cela veuille dire grand-chose puisque son système visiomoteur n’est pas mature. Au-delà, s’il louche encore, il faut toujours demander un avis ophtalmologique car la vision d’un œil est en jeu et il ne s’agit pas de passer à côté du diagnostic (comme nous avons pu avoir la mauvaise expérience 2 fois).

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Vous pouvez également réaliser un petit test très simple en cachant un à un les yeux de votre enfant. Si on cache l’œil paresseux d’un enfant, il le supporte très bien, mais si on lui met devant l’œil qui voit bien, il le repousse violemment et c’est cette discordance qui doit attirer votre attention et vous inciter à consulter un spécialiste.

Le cas de Tessa a été encore pire que celui de Louisa ! Car compte tenu des antécédents médicaux de sa sœur, nous étions sensibilisés aux problème de vue chez l’enfant, nous avions donc pris rendez-vous très tôt chez notre ophtalmo. Tessa avait à peine 9 mois quand nous sommes allés faire un premier bilan ophtalmologique qui n’a rien révélé. Le médecin nous a tout de même prescrit un bilan orthoptique qui, lui non plus n’a rien décelé d’anormal. Nous sommes retourné voir l’ophtalmo lorsque Tessa avait 2 ans mais toujours pas de problème détecté à l’examen. Néanmoins, Tessa continuait de loucher et de plisser des yeux. Même notre entourage a commencé à nous faire la remarque. Ce qui m’a décidé à retourner chez l’ophtalmo c’est lorsque le médecin de la crèche m’a signalé ce strabisme. J’ai repris rendez-vous au mois de juin 2018. Tessa avait 2 ans et demi. Encore une fois cette incompétente, car c’est vraiment ce que je pense, n’a rien su déceler d’anormal. Elle m’a même pris de haut en me disant que je m’inquiétais pour rien car tout allait bien et elle se demandait même se ce que faisais là. Je lui ai répondu qu’avec les antécédents de sa grande sœur, j’étais en droit de m’inquiéter. Elle m’a dit :  » Pour vous rassurer, je vous prescrit un bilan orthoptique 1 mois après la rentrée scolaire. » Même pas 2 semaines après la 1ère rentrée scolaire de Tessa (je n’ai pas voulu attendre 1 mois comme elle me l’avais prescrit), je suis allée chez l’orthoptiste de Louisa pour effectuer ce fameux bilan et là elle a tout de suite détecté un problème et m’a orienté vers un centre ophtalmologique spécialisé en pédiatrie à Versailles, Point Vision. J’ai eu la chance d’obtenir un rendez-vous dès le lendemain avec un super ophtalmo qui, nous a annoncé que Tessa souffrait d’une hypermétropie. Nous y sommes retournés une semaine après pour qu’il puisse réaliser des mesures plus précises, après que nous lui ayons administré 5 jours de collyre d’atropine. Et là, le couperet est tombé : Tessa souffre d’une très très forte hypermétropie : +10,75 à chaque œil. Je me demande vraiment comment l’autre ophtalmo a pu passer à côté d’une chose pareille ! C’est rare qu’un enfant est une hypermétropie aussi forte. L’ophtalmo a même dû refaire des mesures pour être sûr de ne pas s’être trompé et même l’opticienne chez qui nous avons foncé pour faire des lunettes m’a dit qu’il était très rare qu’elle vende des verres avec une aussi grande correction à des enfants. Elle a même dû appeler son fournisseur pour établir un devis (150€ le verre, tout de même ! et 250€ pour un verre aminci) et nous donner les délais de livraison (bien plus long que pour des verres normaux : 10 à 15 jours contre 4-5 jours habituellement).

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L’ophtalmo nous a prévenu que le port des lunettes pour Tessa va être difficile car la correction est tellement forte qu’elle va avoir du mal à supporter au début. Pas facile pour une enfant de 3 ans de comprendre qu’il est important qu’elle porte tout le temps ses lunettes. Nous lui avons bien sûr pris une 2ème paire (même si nous n’avons pas eu le droit à la 2ème paire à 1€ à cause de la puissance hors normes des verres) car je sais pertinemment qu’elle ne prendra pas soin de ses lunettes (je vous rappelle qu’elle n’a même pas 3 ans…). Ce qui me rassure c’est que sa sœur va lui servir d’exemple. D’ailleurs dès qu’elle a enfilé ses lunettes, Tessa ne les as plus quittées. Elle les adore ! Elle a même été en courant à l’école (une première en 1 mois !) pour pouvoir les montrer, fièrement,  à sa maîtresse et à ses camarades. Je me dis qu’elle doit voir le monde différemment et que çà la stimule à les garder sur son nez.

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Enfin, si j’ai un conseil à vous donner en tant que parents c’est de vous fier à votre instinct et ne pas forcément avoir une confiance aveugle 😉 en votre ophtalmo (nous n’allons d’ailleurs pas en rester là avec cette incompétente…). Je regrette de ne pas avoir consulté plus tôt un autre médecin, car à cause de son incompétence, nous avons perdu énormément de temps dans la prise en charge de son hypermétropie. Donc n’hésitez pas à aller consulter un autre praticien, si vous avez le moindre doute. Deux avis valent mieux qu’un !

Avez-vous déjà amené votre enfant chez l’ophtalmo ? Est-ce que votre enfant porte des lunettes ? Comment a-t-il vécu ce changement ?

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